À portée de main

Carine Adolfini

 

 

 1

En haut, notre seuil
le ciel comme un champ de stèles
le rien de sa chute
le ciel,
fausse couche
angle mort des lumières refusées
criblé de lueurs en retard, vieux
des retours épuisés, pâle
du reflet des levers
sur l’os des rayons.

Pauvre ciel, caveau d’éblouis.

2

Tombe du ciel
car rien ne s’encorde aux nues
tombe, quand le soleil a lâché la proie pour l’ombre
et l’ombre pour l’oubli
va puiser les algues et les ailes aux écailles
ce présent multiplié pour tes mains 

vivant corail à la lumière du jour fini.

3

N’étions nous pas du même hiver ?
du même rire du même bleu du même vert
que les fleurs de fougère au terme du printemps ?

4
Tu pleureras encore ce que tu perds
parce que les pages tournent autant que les sphères
parce qu’il faudra l’écrire, encore, rouge au sel
le dire à la braise de l’écume
où l’étoile des dunes brille contre le temps
il faudra le dire et le signer contre le vent

5

La mer, tu vois est un jour long
les soleils immobiles durent au fond
à voie basse nous entrerons dans l’autre azur 

envers et contre roue

avec la transparence des signes le silence des nuages, 

l’infini des yeux penchés sur nos propres visages

comme le ciel entier se regarde dans une goutte d’eau .

(Inédit 23/06/2021)

À PURTATA DI MANU

1
Insù, u nostru sogliu
u celu cume un campu di stele
u nunda di a so caduta
u celu,
scunciata
angulu mortu di lumi ricusati
arricatu di luce in ritardu, vechju
di ritorni stanchi, pallidu
di u riflessu di l’albe
nantu à l’ossu di raghji.

Poveru celu, tumbinu d’abbaglianati.

2
Casca da u celu
perchè nunda ùn si leia cù i nuli
casca, quandu u sole hà cappiatu a preda per l’ombra
è l’ombra per u scordu
Tirerai alghe è ale in scaglie
stu presente multiplicatu per e tò mane
chì campanu corallu à u lume di u ghjornu finitu.

3
Ùn eramu micca di listessu invernu?
di u listessu risu u listessu turchinu u listessu verde
chì i fiori di filetta à a fine di a primavera?

4
Pianghjerai sempre ciò chè tù perdi
perchè e pagine giranu quant’è e sfere
perchè duverà esse scrittu, torna, rossu di sale
dilla à a rusta di a sciuma
induve a stella di e dune splende contr’à u tempu
ci tocherà à dilla è firmalla contr’à u ventu

5
U mare, vedi hè una longa ghjurnata
i soli fissi duranu in fondu
à via d’acqua entreremu in l’altru azzurru
À riversciu di a rota, cù a trasparenza di i segni.
u silenziu di i nivuli, l’infinità d’ochji chì feghjanu nantu à i nostri visi
cume u celu sanu si fighjula in una goccia d’acqua.

Traduction GHJANPA

 

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RENCONTRE DÉDICACE

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À l’invitation de Jean Jacques Colonna d’Istria j’évoquerai à Alata le 10 novembre, les secrets du mauvais oeil et les symboles qui lui sont attachés : Corail, cornes, sel, vierge, miroir, résurrection, hypostase, soleil, source, religion, magie, médecine, verticalité, triangle, envie, serpent, équilibre, accueil, frontière ….
Replaçant le rituel à son origine (plus de 5000 ans selon les premières écritures) j’espère vous démontrer que le mauvais oeil, que l’on a toujours qualifié comme simple superstition populaire, est en fait une croyance dans laquelle se mêlent les prémices de la religion de la philosophie et de la médecine, une croyance structurée autour d’une réflexion collective sur les origines de la vie et de l’univers, un système solidaire de pratiques autour d’une volonté commune de faire liens de gérer l’altérité, de stabiliser la société dans l’équilibre et la paix.
Vous pouvez d’ores et déjà, si vous souhaitez poursuivre la soirée avec nous, réserver votre repas d’après conférence !
Pour information, je propose aussi une séance de dédicaces à la librairie La Marge le même jour .

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